De mon point de vue
Habitant Sigolsheim, je découvre La Cigogne avec une question simple : pourquoi changer de monnaie pour acheter mon pain ou payer un déjeuner ?

Une cigogne vaut un euro. Ni remise automatique, ou pouvoir d’achat supplémentaire : l’intérêt est ailleurs. Cette monnaie locale complémentaire du Haut-Rhin me propose de regarder non seulement ce que j’achète, à qui je confie mon argent.
« La monnaie ne choisit pas à ma place ; elle élargit mes repères. »
Pour mes courses alimentaires par exemple, le réseau devient une invitation à sortir de mon parcours habituel. La boulangerie Cézamie, à Logelbach, ou le Cellier des Montagnes, à Hachimette, font partie de ces découvertes. Ces adresses donnent un visage à une idée parfois abstraite : soutenir le commerce de proximité. Pour le reste, consulter le réseau me fait découvrir un magasin que je ne connaissais pas, alors je compare les produits, les prix et l’accueil bien entendu. La monnaie ne choisit pas à ma place ; elle élargit mes repères.
« Pour moi, bien manger compte ; garder des commerces où se rencontrer aussi »
Au restaurant, le même déclic est possible. Au Bon Stuck, à Kaysersberg, figure parmi les professionnels du réseau. Choisir une table qui accepte les cigognes peut ouvrir une conversation sur les fournisseurs, les produits de saison ou l’origine des ingrédients. Rien ne garantit que toute l’assiette soit locale : à moi de poser les questions. Mais le paiement cesse d’être seulement le dernier geste du repas ; il devient une occasion de comprendre ce que je soutiens.
Ce qui me séduit surtout, c’est l’idée de commerces plus vivants autour de chez moi. Une boulangerie où l’on échange quelques mots, une épicerie où l’on prend le temps de conseiller, un restaurant qui donne envie de revenir : voilà ce que j’aimerais préserver. Acheter dans le réseau peut m’aider à fréquenter ces lieux plus régulièrement, à en découvrir de nouveaux, plutôt que de laisser la chance jouer. Tous ces professionnels ont signé une charte et les valeurs s’y trouvant sont les mêmes que les miennes. Si mes cigognes sont ensuite réutilisées entre professionnels du réseau, mon achat prolonge ces liens de proximité. Pour moi, bien manger compte ; garder des commerces où se rencontrer aussi.
« Consommer avec davantage d’attention. Ce ne serait pas ça le pouvoir d’achat ? »
Reste la vie quotidienne. Il faut adhérer, convertir des euros et vérifier les adresses qui acceptent cette monnaie, disponible en billets ou avec CigoPay. Le réseau ne couvre pas tous mes besoins ; mon budget, mes horaires et mes trajets comptent aussi. Je n’y vois donc ni un label absolu ni une obligation militante. Plutôt une expérience à commencer modestement, par une course ou un repas. L’avantage de La Cigogne serait alors moins de consommer davantage que de consommer avec davantage d’attention. Ce ne serait pas ça le pouvoir d’achat ?


Laisser un commentaire