Les associations sont comme les entreprises, elles voient partir des collaborateurs. Ăa ne remet en cause ni la stratĂ©gie ni la dynamique, mĂȘme si ce collaborateur est un cadre dirigeant. Alexandre Aubertin, pour des raisons personnelles, va quitter la rĂ©gion. Il ne pourra donc plus assumer son poste de directeur opĂ©rationnel. Quand il est arrivĂ© Ă cette fonction en dĂ©but dâannĂ©e, il a insufflĂ© un Ă©tat dâesprit et a donnĂ© un Ă©lan Ă notre association, La Cigogne. Bien sĂ»r nous aurions aimĂ© quâil reste, mais les circonstances de la vie en ont dĂ©cidĂ© autrement.
đŁïž Alexandre Aubertin : Ce fut une annĂ©e charniĂšre. Le plan stratĂ©gique du comitĂ© de coordination qui avait servi de support aux recherches de subventions a abouti, grĂące Ă lâaide de lâEurope, de la RĂ©gion, et celle de la Fondation MACIF.
AprĂšs ce premier pas, il Ă©tait nĂ©cessaire de passer Ă lâacte et de constituer une Ă©quipe : mon recrutement dans un premier temps, puis celui de Sandrine Jacques ensuite et maintenant MichaĂŻna Defende en charge de la mobilisation et des partenariats. Avec des bĂ©nĂ©voles, nous avons mis en Ćuvre le plan stratĂ©gique.
Les points forts de cette annĂ©e ont dâabord consistĂ© dans une projection claire sur les moyens humains et financiers.
Nous pouvons affirmer que 2026 ne posera aucun problĂšme pour la trĂ©sorerie de lâassociation. Dâun point de vue humain, les interactions entre membres professionnels, particuliers et bĂ©nĂ©voles ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s, et il est nĂ©cessaire de les renforcer.
Le dĂ©veloppement du rĂ©seau pro a pris une nouvelle accĂ©lĂ©ration : on est passĂ© de 50 pros Ă compter du milieu de 2025, Ă 75 fin 2025, sachant que le processus semble sâamplifier. Nous avons aussi lancĂ© une nouvelle dynamique en remobilisant les pros existants.
Enfin, il nous paraissait nĂ©cessaire de reprendre la parole par des communications internes et par des moments de convivialitĂ©, comme nous lâavons fait depuis septembre. Et puis nous avons profitĂ© dâun bon moment pour paraĂźtre dans la presse Ă©crite, la radio et la tĂ©lĂ©vision ; le prĂ©texte, sâil en faut un, Ă©tait « Mon NoĂ«l en cigognes ».
đŁïž MM : De quoi es-tu le plus fier pendant cette pĂ©riode ?
đŁïž AA : La premiĂšre chose qui me vient Ă lâesprit, câest dâavoir rendu visible le travail incroyable des bĂ©nĂ©voles.
Ils ont construit un rĂ©seau structurĂ©. Et de montrer cela au grand public mâa rendu fier.
Le rĂ©sultat de ce travail, câest quâen 2025, Yves Herzog a aidĂ© une premiĂšre monnaie locale pour leur permettre de dupliquer lâinfrastructure numĂ©rique de La Cigogne. Il a formĂ© les bĂ©nĂ©voles locaux Ă se structurer pour simplifier les processus. En 2026, il va accompagner, une nouvelle fois, au moins deux autres monnaies locales.
Il y a aussi les rencontres avec les bĂ©nĂ©voles, les professionnels et les particuliers afin de crĂ©er du lien. En quittant mon travail fin 2024, jâai ressenti un peu dâĂ©co-anxiĂ©tĂ©, mais cĂŽtoyer des professionnels qui sont dans lâaction, qui se battent chaque jour pour leur mĂ©tier, pour leurs valeurs et rencontrer des bĂ©nĂ©voles qui donnent beaucoup de leur temps mâa rassurĂ©. Une partie de mon travail a Ă©tĂ© de les mettre en lien.
đŁïž MM : Comment vois-tu lâĂ©volution de lâassociation en 2026 ?
đŁïž AA : Continuer et accĂ©lĂ©rer le recrutement des professionnels avec Sandrine qui est complĂštement opĂ©rationnelle â il y a mĂȘme aujoud’hui des pros qui nous sollicitent ; dĂ©velopper un projet pour tous les bassins de vie du Haut-Rhin pour rééquilibrer Colmar et Mulhouse ; mettre surtout lâaccent sur les particuliers. Pour que ça marche, La Cigogne a besoin de dĂ©velopper leurs dĂ©penses en monnaie locale.
Lâobjectif dâun million de cigognes en circulation en 2027 est atteignable ; nous en sommes Ă cent cinquante mille cigognes Ă fin 2025. Les chiffres le prouvent, câest en lâutilisant que les particuliers se prennent au jeu et convertissent plus.
Et pour cela, nous avons besoin dâĂ©vĂ©nements conviviaux et dâune mĂ©diatisation plus forte. Renouveler lâopĂ©ration « Mon NoĂ«l en cigognes » en 2026. Cette derniĂšre campagne a bien fonctionnĂ© sur le terrain et dans les mĂ©dias.
2026, ce sont aussi les dix ans de lâassociation. Il nây a pas de plus beau prĂ©texte pour organiser des festivitĂ©s, avec un impact sur les particuliers et sur les mĂ©dias. Dâailleurs il me semble que les bĂ©nĂ©voles de lâassociation prĂ©parent quelque chose de grand, mais câest encore un peu trop tĂŽt pour dĂ©voiler le projet
đŁïž MM : AprĂšs les convaincus de la premiĂšre heure, une deuxiĂšme tranche de professionnels est venue sâajouter. Comment faire adhĂ©rer les personnes et les collectivitĂ©s les plus rĂ©servĂ©es ?
đŁïž AA : Continuer et accĂ©lĂ©rer le recrutement des professionnels avec Sandrine qui est complĂštement opĂ©rationnelle â il y a mĂȘme aujoud’hui des pros qui nous sollicitent ; dĂ©velopper un projet pour tous les bassins de vie du Haut-Rhin pour rééquilibrer Colmar et Mulhouse ; mettre surtout lâaccent sur les particuliers. Pour que ça marche, La Cigogne a besoin de dĂ©velopper leurs dĂ©penses en monnaie locale.
Lâobjectif dâun million de cigognes en circulation en 2027 est atteignable ; nous en sommes Ă cent cinquante mille cigognes Ă fin 2025. Les chiffres le prouvent, câest en lâutilisant que les particuliers se prennent au jeu et convertissent plus.
Et pour cela, nous avons besoin dâĂ©vĂ©nements conviviaux et dâune mĂ©diatisation plus forte. Renouveler lâopĂ©ration « Mon NoĂ«l en cigognes » en 2026. Cette derniĂšre campagne a bien fonctionnĂ© sur le terrain et dans les mĂ©dias.
Pour les collectivitĂ©s, nâoublions pas que la rĂ©gion nous soutient financiĂšrement. M2A ainsi que les PETR Thur-Doller et Sundgau nous appuient Ă©galement. Cela prendra du temps, car nous entrons dans une pĂ©riode Ă©lectorale. Il nây aura donc pas de dĂ©cision rapide, mais Ă nous de faire connaĂźtre notre projet aux futurs Ă©lus pour faciliter la suite. Mais câest possible sur ce territoire.
đŁïž MM : Avec la montĂ©e des peurs dans notre sociĂ©tĂ© et le repli sur soi, en quoi La Cigogne, monnaie locale, peut-elle aider ?
đŁïž AA : Il est vrai que cela peut ĂȘtre un frein : certaines personnes pourraient se dire : avec ce qui se passe, ce nâest peut-ĂȘtre pas le bon moment de participer Ă ce projet. Et pourtant, c’est une opportunitĂ©, un collectif Ă Ă©chelle humaine.
Je suis trĂšs sensible aux communs, et avec La Cigogne, dans le Haut-Rhin nous en construisons un.
Câest une façon utile de participer. Pour les pros, cela a un coĂ»t, certes, mais en face, on a la crĂ©ation de liens, dâappartenance Ă un rĂ©seau, dâentraide. On peut craindre dâessayer, mais quand on est dedans, il y a un point de bascule : on fait partie dâune communautĂ©.
Alors ensemble, on peut lutter contre ses peurs.
đŁïž MM : Depuis le dĂ©but de notre conversation, tu parles de crĂ©er des liens, de mettre en relation.
Tu me fais penser Ă un livre dâAbdenour Bidar, philosophe et essayiste français, Les Tisserands. Il explique entre autres que le tissage de liens est, sur un territoire, une bonne façon de souder une population.
đŁïž AA : Je ne connais pas, mais oui, je vois bien ce quâil veut dire, et jâaime bien cette mĂ©taphore : un tissu est toujours plus fort quâun fil. Câest exactement ce que je pense.
Si sur notre territoire se crée ce type de tissage, alors nous réunirons nos forces pour lutter contre les peurs.
đŁïž MM : Souhaites-tu ajouter un dernier mot ?
đŁïž AA : En raison de mon changement de rĂ©gion, je ne vais plus pouvoir assurer mon poste, et câest un regret pour moi.
Cependant, je ne veux pas quitter le projet et souhaite continuer à distance, comme bénévole, pour aider au développement, en analysant et en alimentant la réflexion stratégique, afin de sécuriser le réseau existant.
Jâaimerais aussi participer aux commissions dâagrĂ©ment par visioconfĂ©rence. Et quand mon emploi du temps le permettra, me rendre disponible pour les temps forts.


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